Univ’R 44 : trois réfugiés bénéficiaires racontent leur parcours

Ali Jan Haidari, Mouhib Moussa Hidwan et Samiullah Khalaj ont un point commun : l’envie de réussir leur intégration en France. Tous trois bénéficiaires du dispositif Univ’R44, ils mettent toutesles chances de leurs côtés pour réussir leurs objectifs. Rose-Marie Magnan, animatrice de parcours Univ’R PRO, les accompagne au quotidien dans leurs démarches et leur désir d’intégration : « Nous ne les prenons pas par la main. L’objectif est de coconstruire un projet ensemble. »
Après un plusieurs échanges sur leurs projets professionnels, les trois jeunes hommes profitent désormais de parcours adaptés à leurs ambitions.

Ali Jan HAIDARI : « Adapter ses compétences et se former »

Déterminé et avenant, Ali Jan Haidari entre d’un
pas décidé dans l’une des salles du grand bâtiment
des Compagnons du tour de France à Saint-
Sébastien-sur-Loire. Près de Nantes, ce centre
accueille des dizaines de jeunes réfugiés en
formation dans les métiers du bâtiment. Ali Jan, lui,
apprend avec beaucoup d’intérêt le métier de
carreleur.

C’est en travaillant sur des chantiers, avant d’entrer dans le dispositif, que le jeune réfugié Afghan de 23 ans, observe et découvre les métiers du bâtiment. Les carreleurs l’intriguent et lui donne envie de s’essayer à son tour.

« C’est un ami qui m’a parlé du dispositif. Je souhaitais faire une formation pour avoir un diplôme. Mon idée était très précise : je voulais être carreleur. »

Le jeune homme entre alors en parcours « formation » afin de concrétiser son projet. Il suit désormais des formations techniques pour devenir carreleur quatre jours par semaine et profite du vendredi pour suivre les ateliers organisés par Univ’R44 : cours de français, cours d’informatique, ateliers sociaux etc.

« Les cours de français m’aident à acquérir le vocabulaire professionnel et à continuer de progresser pour passer mon diplôme plus sereinement. On travaille également sur l’ordinateur pour apprendre à faire un CV ou encore sur la manière de se présenter en entretien d’embauche. »

À la fin de sa formation Ali Jan espère continuer à se former pour progresser. « Ça me plaît beaucoup et mon formateur est très content de moi. » Pour lui, Univ’R44 a été un tremplin afin d’entrer dans une formation qui lui paraissait inaccessible autrement : « Si vous voulez vous
améliorer ou avoir un diplôme, il ne faut pas se chercher d’excuses et il faut faire des efforts pour améliorer le français, et adapter ses compétences. »

Samiullah KHALAJ : « S’orienter vers un projet professionnel »

Samiullah Khalaj, jeune Afghan de 26 ans, a connu la
Suède avant d’arriver en France en 2018. Au pays
nordique, il découvre le métier d’aide-soignant qui
n’existe pas en Afghanistan. Une fois en France, alors que la mission locale le dirige vers Univ’R44, et après avoir suivi des cours de français avec l’association Babbel44, Samiullah évoque son souhait de continuer dans cette voie et intègre le parcours « Confirmation de Projet ».

« Je pensais que le métier d’aide-soignant en France était le même qu’en Suède. Les différents échanges m’ont permis de comprendre que ce n’était pas le cas et que ce n’était finalement pas une voie pour moi. »

Entre découvertes de métiers et simulations d’entretien, le parcours « Confirmation de projet » lui permet d’y voir plus clair. Après plusieurs ateliers, le jeune homme, auparavant photographe dans son pays, se tourne désormais vers une formation d’installateur de fibre. Une formation qu’il
commencera début janvier, après avoir terminé le parcours « Confirmation de Projet » grâce auquel il continue de développer ses compétences en français : « Je peux désormais lire ou écrire. Ici tout le monde doit parler français, donc je fais des progrès. »

Mouhib MOUSSA HIDWAN « Enrichir sa pratique du français »

Arrivé en 2018 à Nantes, Mouhib Moussa Hidwan suit un parcours d’accompagnement avant de pouvoir se lancer dans une formation d’électricien. Tout au long de ce parcours de huit semaines, le jeune Soudanais de 30 ans découvre, parmi plusieurs métiers, celui d’électricien. Grâce à un stage d’une semaine, durant lequel il a pu observer le métier mais aussi participer aux différentes missions, Mouhib sait désormais que c’est dans cette voie qu’il souhaite aller.

En attendant de pouvoir intégrer une formation en alternance ou bien une formation continue, Mouhib participe aux ateliers lui permettant de consolider ses connaissances en français mais aussi de se préparer aux entretiens, réaliser un CV via l’ordinateur et autres ateliers professionnels.

« Tout est nouveau pour moi et j’apprends de nouvelles choses tous les jours. Les cours de français m’aident à prendre confiance et à discuter avec les gens. Si je me trompe, les gens me corrigent et j’apprends petit à petit. Je me sens bien dans le programme et attends avec impatience la formation qui va venir. »

Pour se former, s’orienter dans la vie professionnelle ou encore travailler le français, Mouhib, Ali Jan et Samiullah suivent chacun leur parcours avec une grande motivation commune à l’ensemble des réfugiés bénéficiaires du dispositif Univ’R44. « La motivation joue énormément sur la réussite du parcours et c’est pour cela qu’on la privilégie » confirme Rose-Marie.